| Ce qui surprend le plus lorsque l’on découvre
le site de l’imprimerie du Petit Echo
de la Mode, c’est l’ampleur du
bâti dans la ville.
Certes Châtelaudren est une commune très
peu étendue -46 hectares qu’elle doit à
son passé de forteresse et à la chance
d’avoir pu acheter quelques arpents supplémentaires
à ses voisines au cours du temps- mais la construction
industrielle est réellement imposante : trois
corps de bâtiments constituent
l’immense vaisseau de pierre dont la poupe est
amarrée place de la République et dont
la proue semble fendre les eaux de l’étang,
130 m plus loin.
Reliés par des passerelles aériennes,
les bâtiments du Petit Echo de la Mode ont une
emprise au sol de quelques 1 800 m2 et ses différents
étages portent à plus de 5 000 m2 ses
surfaces de production, de photocomposition et d’administration.
Le bâti, comme celui de la papeterie qui le précède,
épouse véritablement le lit de la rivière.
Celle-ci, source de l’énergie hydroélectrique
indispensable à l’entreprise, borde la
construction mais coule aussi à l’intérieur
des bâtiments via un tuyau d’acier de près
d’un mètre de diamètre. Ce tuyau
dessert une première turbine installée
dès la construction près de 10 m en contrebas.
La deuxième turbine lui succédera à
la fin des années 1930, alimentée par
un second tuyau qui flanquera l’extérieur
du bâtiment, au dessus du cours de la cascade.
Les développements de l’entreprise au cours
du temps nécessiteront la construction d’un
étage supplémentaire qui viendra couvrir
l’ensemble de l’édifice.
En 1981, lorsque les derniers éléments
de l’imprimerie du Petit Echo de la Mode rejoignent
définitivement la zone industrielle de Fournello
à Plouagat, la ville de Châtelaudren
rachète les murs et l’étang qui
était, lui aussi, privatif (la partie basse,
place de la République, avait déjà
été cédée au privé
l’année précédente et abrite
aujourd’hui des commerces et des appartements).
Des activités culturelles et sportives vont bientôt
occuper partiellement les 4 000 m2 de locaux restant
ainsi que l’administration du SIVOM puis la Communauté
de Communes.
Pour autant, l’essentiel du site est resté
jusqu’à ce jour une friche industrielle.
C’est dans cette friche que l’association
Culture & Patrimoine défend
un projet original de développement local
à la fois patrimonial, culturel et touristique,
projet porté par la Communauté
de Communes de Châtelaudren-Plouagat.
L’étude architecturale est en cours et
les arbitrages devraient être rendus dans les
mois qui viennent.
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