| Nous sommes
à Paris, en janvier 1880.
Charles Huon de Penanster est un jeune
sénateur du département des Côtes-du-Nord
(aujourd’hui Côtes d’Armor). Il vit
avec sa famille au château de Kergrist
en Ploubezre, au sud de Lannion, ville dont il sera
également maire.
Homme d’affaires et ancien explorateur des sources
du Nil, il a l’esprit d’aventure. C’est
ainsi qu’il rachète un magazine qui tire
à 8 000 exemplaires, « le Petit Journal
de la Mode », créé l’année
précédente et déficitaire.
Le sénateur à une idée simple :
transformer ces journaux de mode un peu futiles en des
périodiques qui répondent aux problèmes
pratiques et culturels de la famille.
Problèmes pratiques d’abord : après
la défaite de 1871, la France vaincue doit payer
un lourd tribut de guerre, dont le poids se répercute
sur les budgets des familles et des maîtresses
de maison. La mode constitue un prétexte honorable
pour les aider à s’habiller, à tenir
la maison, à cuisiner, à recevoir selon
leurs moyens.
Problèmes culturels aussi : c’est la période
où la masse des français montre un appétit
très neuf de connaissances. L’avènement
définitif de la République crée
des lois qui accordent davantage de libertés
: libertés de la presse, de réunion, d’association
(syndicats). L’école laïque, gratuite
et obligatoire est instituée.
Les familles et notamment les mères de famille
se trouvent face à de nouveaux enjeux qu’aucun
journal ne traite.
Le Petit Echo de la Mode crée
un genre journalistique nouveau : le magazine féminin
et familial qui inventera très tôt dans
son histoire toutes les rubriques des magazines d’aujourd’hui.
Le Petit Echo de la Mode va constituer le fleuron d’une
très grande entreprise d’édition.

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