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Imprimerie
de Châtelaudren
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| Filiale de la maison mère
parisienne, l’imprimerie châtelaudrinaise
assure plusieurs fonctions : travaux d’impression
non urgents pour Montsouris, impression
et brochure de livres pour dames (collection
Stella) ou pour adolescents (collection Printemps) ainsi
que des textes littéraires (collection
Dauphine).
La filiale fonctionne aussi comme une imprimerie
régionale (elle en deviendra l’une
des plus importantes de Bretagne) pour des clients locaux.
Au cours de son développement, elle assurera
des impressions renommées comme celles du magazine
RUSTICA ou les 230 000 exemplaires du journal de «
Tintin ».
Ornés d’une mosaïque murale
(classée) à la gloire du Petit
Echo de la Mode, les murs de l’imprimerie
bretonne restent avant tout connus pour avoir habillés
la France grâce à sa manufacture
de patrons-modèles dont elle deviendra
au milieu du XXème siècle la capitale.
Dans sa meilleure période, après-guerre,
elle réalisera six millions de patrons par an,
produisant près des 2/3 de la production nationale.
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Techniques
d'imprimerie
La
Typographie
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L’imprimerie du Petit Echo de la Mode
de Châtelaudren, comme la maison-mère,
a connu toutes les techniques d’imprimerie qui
se succédèrent au cours du temps.
Au début des années 20, et à fortiori
en 1880, c’est la technique typographique qui
est utilisée ; celle-ci ne diffère guère
du principe élaboré par Gutenberg et ses
contemporains.
Pour composer un texte, le typographe vient chercher
une à une les lettres dans le tiroir d’un
meuble à casses et les assemble pour former des
mots et des espaces, des phrases, des pavés de
texte qui seront soigneusement rassemblés et
cerclés de cordage.
Une presse à épreuve va ensuite permettre
d’imprimer la feuille destinée à
la correction (à cette époque on se souciait
encore de corriger les fautes…) puis les pavés
étaient assemblés pour former des pages
complètes.
Après impression, les pavés étaient
« démontés » et chaque caractère
soigneusement rangé, un à un, dans les
compartiments des tiroirs à casse en fonction
bien sûr de la taille et de la police du caractère
utilisé.
La moindre faute de rangement occasionnait une perte
de temps et souvent l’impossibilité immédiate
de retrouver le caractère, surtout dans les petites
tailles.
Ces erreurs étaient l’occasion de frictions
entre les typographes… quand le chef d’atelier
ne rajoutait pas d’huile sur le feu.
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La
Linotypie
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| Cette technique se développe
énormément entre les deux guerres.
Cette fois le procédé de composition des
textes est mécanisé et s’exécute
à partir d’un clavier.
Chaque touche, sur laquelle est représenté
une lettre ou un signe typographique, fait glisser,
depuis une réserve, une matrice creuse en fonte
dans laquelle, lorsqu'une ligne est formée, une
rigole de plomb en fusion vient déposer en relief
les signes désirés.
Les lignes complètes se solidifient alors et
sont, comme auparavant, assemblées ensuite en
pavés de texte. Gare à la faute car toute
la ligne est alors à refaire !
En revanche, le travail final n’est plus aussi
fastidieux puisque après l’impression,
l’ensemble retourne dans les bains en fusion prêts
à former d’autres lignes de texte.
Pour autant, cette nouvelle technique peut être
porteuse d’un danger redouté, le saturnisme
que l’on doit aux vapeurs de plomb et que la médecine
du travail d’alors essaie de prévenir.
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L’Offset
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| Nous ne rentrerons pas dans le détail
de cette technique à la fois complexe et géniale.
Rappelons simplement qu’avant le procédé
offset, l’impression était due essentiellement
au relief encré des caractères à
imprimer, un peu comme le fait un tampon de caoutchouc.
Ce nouveau procédé repose sur le traitement
physique et chimique d’une plaque d’aluminium.
Cette plaque va recevoir et révéler, tel
un papier photographique, la trace des éléments
qui lui parviennent de la lumière d’un
agrandisseur.
Une fois traitée, elle est fixée sur les
rouleaux de la presse d’imprimerie et un petit
miracle s’accomplit : sous la projection à
la fois d’eau et d’encre, l’eau va
chasser l’encre de tous les endroits indésirables
et laisser l’encre s’exprimer partout ou
cela a été rendu possible par la révélation
des textes ou des images.
Cette technique est indissociable d’un autre
progrès : la photocomposition qui permet au texte,
après avoir été frappé sur
un clavier, de ressortir sous forme de film souple et
de servir de négatif à la plaque offset.
Les photos seront aussi traitées de même,
les « similis », et tramées pour
que toutes les nuances de contraste puissent être
reproduites par des points plus ou moins gros, plus
ou moins rapprochés.
Le Petit Echo de la Mode offre dans ses pages plus
d’un siècle d’évolution de
ces techniques.
En 1880, la moindre illustration est le fruit d’un
travail de plusieurs heures, voire plusieurs jours du
graveur sur cuivre.
Au début du XXe siècle, la colorisation
apparaît, traitée à la main et au
pochoir sur chaque couverture (un employé du
Petit Echo de la Mode inventera une machine à
colorier et en déposera le brevet).
Les photographies n’apparaîtront que timidement
dans les années 30. D’une qualité
insuffisante, on continuera longtemps à leur
préférer le dessin.
Enfin les années 60, riches et inventives, vont
changer radicalement mise en page et impact des photos.
Le Petit Echo de la Mode ne connaîtra pas la révolution
informatique.
C’est pourquoi nous sommes heureux, même
à titre posthume, de lui offrir ce cadeau sur
ce site internet. |
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