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De
Paris en Bretagne
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| Lorsqu’au sortir de la première guerre
mondiale, la création de la filiale bretonne
de Châtelaudren est envisagée,
la maison d’édition a
considérablement évolué.
Le succès du Petit Echo de la Mode
a été immédiat : il tire à
100 000 exemplaires dès 1887 avec l’encart
du roman feuilleton détachable puis 210 000 en
1893 avec celui du patron de couture
découpé et gratuit.
En 1895, Charles de Penanster et
son associé de la première heure, Emmanuel
Ferré, deviennent leur propre imprimeur.
Ils installent leur première rotative rue de
la Sablière, bientôt suivie de dix autres
machines qui travaillent aussi pour l’extérieur
(Veillées des Chaumières, Galeries Lafayette).
Lorsque le fondateur meurt, en 1902, Le Petit Echo de
la Mode et sa maison d’édition viennent
tout juste de s’installer durablement dans un
vaste ensemble, rue Gazan, face au Parc Montsouris.
Le personnel comprend alors 477 employés. Le
Petit Echo de la Mode a, en France et à l’étranger,
plus de 3 000 correspondants directs chargés
de sa diffusion, il comporte seize pages et son tirage
est de 400 000 exemplaires !
De nouvelles éditions voient le jour : Lisette
(pour les filles) en 1921, Mon ouvrage (tricot et broderie)
en 1923, Pierrot (pour les garçons)
en 1925, puis Rustica (jardinage, petit
élevage, bricolage) en 1928.
Lorsque l’on décide de la première
décentralisation industrielle, on se tourne naturellement
vers la Bretagne.
Le Petit Echo de la Mode rachète à Châtelaudren
une papeterie qui fonctionne à l’aide d’une
turbine alimentée par un étang
et la transforme en imprimerie et en
usine de fabrication de patrons-modèles
de couture dont Châtelaudren va devenir
la capitale.

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Le
choix de Châtelaudren
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| Châtelaudren est la capitale
historique du Goëlo. La fondation
de la forteresse remonte au XIe siècle et très
vite un prieuré et une ville vont naître
à l’abri du château.
Sa situation au croisement de voies importantes de circulation
ainsi que sa position privilégiée sur
la rivière « le leff »
vont favoriser son développement. Elle s’enrichit
et devient ainsi une cité de commerce et d’artisanat,
dotée d’importantes foires.
La décision d’implanter la filiale du
Petit Echo de la Mode à Châtelaudren
fut motivée par de multiples raisons. Parmi elles,
la hantise d’une nouvelle guerre avec l’Allemagne
impose de s’éloigner d’une éventuelle
ligne de front et de partir naturellement vers l’ouest
de la France.
Rapidement le site de Châtelaudren l’emporte.
Charles-Albert de Penanster, petit-fils
du fondateur est conseiller général des
Côtes-du-Nord et connaît bien son territoire.
Il sait qu’à Châtelaudren, un étang
alimente les roues à aubes des moulins
à céréales depuis des siècles.
En 1866, une papeterie s’est implantée
sur le site. Elle fonctionne grâce à une
turbine qui bénéficie d’une chute
d’eau exceptionnelle (9m de haut) suffisante pour
garantir les besoins énergétiques de la
nouvelle filiale.
Apporter du travail au département familial semble
avoir été aussi un élément
pris en compte par les décideurs d’alors,
la qualité de la main-d’œuvre locale
étant elle aussi reconnue et… moins chère
que dans la capitale.
Les travaux de construction des vastes bâtiments
s’échelonnent de 1923 à 1925.
Puis ce sera une montée en puissance continuelle
jusqu’aux années 1960 ou la filiale comptera
plus de 200 employés.
Lorsque le coup de grâce, dans les années
1970, sera porté au magazine devenu « l’Echo
de la Mode », et par-delà à
la maison-mère et à ses nombreuses éditions,
la filiale bretonne -devenue autonome- poursuivra son
chemin et survivra, même au cœur de la tourmente.
La quasi totalité de l’électricité
qu’elle utilise alors n’est plus dépendante
du flux de la rivière et les activités
vont progressivement rejoindre une nouvelle unité
modernisée à Plouagat,
à quelques kilomètres de Châtelaudren.
Lorsqu’en 1989, de nouvelles difficultés
menacent l’entreprise d’une fermeture définitive,
neuf employés, tous anciens du Petit Echo de
la Mode, vont proposer un plan de reprise et créer
RotoArmor sous la houlette de Jean-Paul
TURBAN, entreprise aujourd’hui ultramoderne
et dynamique.
D’autres « anciens » ont aussi «
essaimé » à leur tour et continuent
de faire vivre une passion acquise au Petit Echo de
la Mode, tels Philippe HEYN et Alain
SPEYBROCK en créant
SH Imprimeurs à Châtelaudren
(puis à Pordic avec Bernard JEGU),
Xavier GUYMARD en créant Chatelcompo.
Les essaimages recensés emploient à eux
tous plus de 80 personnes soit presque autant que le
dernier effectif du Petit Echo de la Mode ce qui constitue
une belle performance.

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